Hôpitaux: L’externalisation, il n’y a pas que du bon!
2006-02-20
Short Story· Les unités de soins plus frileuses au cours de ces dernières années
· Le manque de professionnalisme des prestataires et le coût de l’externalisation décriés
L’externalisation commence, doucement mais sûrement, à s’introduire dans les hôpitaux marocains. L’expérience en la matière est récente, mais les besoins des établissements hospitaliers témoignent d’un avenir prometteur pour ce procédé. Comptant plus de 399 établissements hospitaliers (4 CHU, 5 hôpitaux militaires, 124 hôpitaux, 269 cliniques privées…), le Maroc en a bien besoin. Et pour cause, l’insuffisance enregistrée en moyens humains et matériels dont souffre un bon nombre de structures. Des manques doublés des économies que la sous-traitance permet. L’utilité de celle-ci n’est plus à prouver, mais ses limites demeurent floues.
Full StoryOrganisé les 17 et 18 février à Rabat, le congrès national de l’Association marocaine des gestionnaires hospitaliers a été l’occasion d’en débattre. Intervenant à cette occasion, Mimoune Ennaciri, chef de la division des hôpitaux au sein du ministère de la Santé, a relevé que la priorité accordée au personnel de soins, recentré sur son coeur de métiers, s’est faite au détriment du personnel chargé des activités liées à l’hospitalisation. «Peu nombreuse, cette catégorie est également, et trop souvent, peu qualifiée», a-t-il affirmé. La maîtrise de l’ensemble des processus de production par le personnel de l’hôpital est également difficile.
Le manque d’expertise propre aux hôpitaux conduit forcément à des prestataires externes pour des besoins spécifiques. A cela s’ajoute la contre-performance en matière de qualité et le besoin de maîtriser les coûts. Mais les premières activités sous-traitées n’ont véritablement commencé que dans les années 90. Cela, bien que des services aient été externalisés bien avant (exemple de la centrale thermique du CHU Avicenne de Rabat). Ces activités ont d’abord concerné les fonctions hôtelières des hôpitaux. Les activités de nettoyage ont été externalisées au niveau du Centre hospitalier provincial (CHP) de Tanger en 1993, suivies trois ans après par la sous-traitance du buandage au CHP d’Agadir en 1996. En 2004, 63% des activités de gardiennage des 52 CHP gérés de manière autonome (CHP Segma) que compte le Maroc étaient cédées au privé. Ceci, au même titre que 50% des opérations de nettoyage, 41% en matière de restauration et 19% des activités de buandage. Le tout, pour des dépenses totales avoisinant 51 millions de DH. Ce montant représente 16% du budget global (hors salaires du personnel), de l’ordre de 305 millions de DH, accordé cette année au CHP Segma.
· Prescriptions spéciales pour la sous-traitance
A partir de 2005, une nouvelle expérience a été entamée. Celle-ci concerne les déchets hospitaliers au niveau de 4 établissements (CHU de Casa et Fès, le CHP de Kénitra et le Centre national de transfusion sanguine). «Ce tournant a été rendu possible notamment à travers l’introduction, en 2002, d’une circulaire du ministère de la Santé incitant les hôpitaux à externaliser certaines activités», a expliqué Ennaciri. Les premiers exemples de contrats de prescriptions spéciales (CPS-types) pour la sous-traitance dans ces domaines ont été élaborés à cette date. Il s’agit de contrats régissant les rapports entre établissements hospitaliers et prestataires de services. Les volets concernant la formation, les admissions des hôpitaux ou encore la gestion des ressources humaines ne sont cependant pas encore concernés par cette tendance.
Les résultats n’ont néanmoins pas tardé à suivre. Une enquête menée par le ministère de tutelle au niveau de 46 CHP Segma en 2004 a fait ressortir une amélioration notable de la qualité et de l’efficacité des prestations. Le déficit en personnel a été corrigé. Les coûts liés aux activités sous-traitées ont été maîtrisés.
Cela étant, ce procédé pose plus d’une contrainte. A commencer par l’absence de normes et de procédures pour le contrôle de qualité et l’évaluation des prestations sous-traitées. Le manque de professionnalisme chez certains prestataires grève la qualité des services rendus. Certains personnels chargés d’exécuter ces activités restent peu ou pas formés (nettoyage, restauration…). Sans oublier l’absence de dispositifs de contrôle interne et le coût qui reste élevé de la sous-traitance. Des dépenses, comme celle de la restauration, sont difficilement supportables par les hôpitaux marocains.
Cela s’est traduit les deux dernières années par une baisse du recours à l’externalisation. Pour Abdelali Belghiti Alaoui, responsable au sein du ministère de la Santé, ce constat tient au caractère stationnaire du budget alloué par l’Etat aux hôpitaux, alors que les besoins sont en perpétuelle hausse. «Nous tablons sur les recettes propres aux hôpitaux, fruit du caractère désormais payant des prestations médicales et sur la révision tarifaire entamée en 2004 pour corriger cette tendance», a-t-il déclaré.
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Limites
Où doit s’arrêter l’externalisation au sein des hôpitaux? La réponse à cette question est loin d’être tranchée. Pour Ennaciri, d’autres services sont soit sous-traités de fait, soit restent à l’être. C’est le cas pour des soins comme l’hémodialyse, ou des prestations de diagnostic (stérilisation, imagerie médicale, biologie…). Intervenant lors de ce congrès, Josef Otayek, directeur du CHU Hôtel Dieu de Beyrouth (Liban), les métiers qui font partie du cœur de cible d’un hôpital donné ne doivent en aucun cas être sous-traités. Cela se traduirait pour lui par une perte du savoir-faire et remettrait en cause leur raison d’être. Une opinion que partage également Jean-Patrick Lajonchère, directeur de l’hôpital St Louis à Paris. Pour lui, et en sus des métiers de base des hô
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visualisée 79 fois , ajoutée le 2006-02-20 par Admin