Sécurité routière: 400 vies épargnées en un an
2006-02-20
Short Story· Premiers fruits du plan stratégique d’urgence
· Après la ceinture et les radars, c’est autour de l’alcotest
Un an après l’entrée en vigueur du Plan stratégique intégré d’urgence de sécurité routière (PSIU), le nombre de morts sur la route a baissé de 5,75%. Celui des blessés graves de 10,5%. En si peu de temps, les vies de 400 usagers de la route ont été épargnées. Voilà qui montre que la volonté politique combinée aux moyens adéquats finissent par donner des résultats positifs. Reste à les pérenniser pour ne pas tomber dans les mêmes erreurs d’il y a 10 ans. Car après une première baisse du nombre de morts en 1996, ce fut le retour au cercle vicieux des 10 morts par jour et un coût équivalent à 2,5% du PIB ou 11 milliards de DH par an.
Full StoryA la veille de la journée nationale de sécurité routière, célébrée le samedi 18 février, Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et du Transport, n’a pas caché ses craintes que la performance réalisée ne soit encore une fois que saisonnière. Pour lui, le PSIU, portant sur trois ans, doit continuer à donner ses fruits au-delà du deadline qu’on lui a assigné. S’exprimant à l’occasion d’un atelier-débat sur la politique de lutte contre l’insécurité routière, organisé par le Comité national de prévention des accidents de la circulation, vendredi 17 février à Rabat, le ministre a souligné que malgré une hausse de 0,3% du nombre des accidents de la circulation en 2005, le nombre de morts a baissé. Ghellab faisait allusion au rôle important des moyens à la fois répressifs et de sensibilisation utilisés tout au long de l’année 2005. Port de la ceinture obligatoire, multiplication des radars mobiles pour faire respecter les limitations de vitesse, police de proximité, matraquage audiovisuel, autant de mesures qui ont contribué à l’amorce d’un changement de conduite sur les routes. Les bons réflexes au volant s’installent lentement mais sûrement. Même la religion a été mise à contribution dans la guerre contre l’hécatombe. Les prêches de vendredi dernier avaient tous eu pour thème le respect du code de la route que les imams considèrent comme faisant partie de la Chariaâ. Pour Ahmed Taoufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, les 16.000 mosquées où se donnent les prêches peuvent constituer un important réseau de sensibilisation à la sécurité routière. Quant à Mohamed Cheikh Biadillah, ministre de la Santé, il a mis l’accent sur la surcharge des services des urgences, causée par les accidents de la route. Pour y faire face, 2 Samu à Casablanca et Rabat seront opérationnels à partir d’avril 2006 pour un budget de 10 millions de DH. Trois autres sont également programmés à Fès, Marrakech et Tanger pour être opérationnels en 2007.
Après les radars fixes et mobiles, c’est l’alcotest qui sera désormais systématiquement utilisé pour mesurer le taux d’alcoolisme des conducteurs. Ghellab affirme ainsi que la conduite en état d’ébriété ne sera plus tolérée. Pour lui, le nouveau code de la route, qui sortira officiellement vers la fin de l’année 2006, constituera une assise légale à la mobilisation de moyens modernes de lutte contre l’insécurité routière. En effet, le projet de code de la route introduit un durcissement des sanctions, notamment à travers des peines privatives de liberté. Dans la plupart des pays ayant réussi le pari de la sécurité routière, c’est la répression systématique des infractions qui a été à l’origine du succès. Toutefois, cette option n’exclut pas l’éducation à la sécurité routière. Aujourd’hui, cette tendance pédagogique est adoptée par le premier réseau d’écoles de conduite marocaines qui en fait son fer de lance pour se démarquer des auto-écoles traditionnelles.
Dans cette même perspective, le Comité national de prévention des accidents de la circulation a signé trois conventions avec l’Académie régionale de l’éducation et de la formation de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, l’Académie régionale du Grand Casablanca et l’OCP. Les deux premières visent l’intégration des concepts d’éducation à la prévention routière dans les programmes parascolaires, tandis que la troisième porte sur l’engagement de l’OCP à former ses conducteurs d’engins et poids lourds à la sécurité routière.
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Taxi hors la loi
Si les automobilistes sont obligés de porter la ceinture, les taxis, petits et grands, semblent ne pas y être assujettis. Or, la loi est valable pour tout le monde et à plus forte raison pour les taxis, premiers confrontés aux dangers de la route. Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et du Transport, a affirmé que les sociétés d’assurance peuvent refuser l’indemnisation d’une victime d’un accident de la route si celle-ci ne portait pas la ceinture de sécurité.
Le ministre a annoncé qu’une commission se penche aujourd’hui sur la situation des grands taxis. Nombre de passagers par véhicule, identification des lignes utilisées et leurs périmètres d’action à l’intérieur ou à l’extérieur de la ville, autant de questions que la commission doit élucider avant de s’occuper du port de la ceinture.
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534 millions de DH pour les radars
Durant l’année 2006, 150 radars fixes seront installés sur l’ensemble du réseau routier. Cinq sont déjà opérationnels sur certains axes de la ville de Rabat après l’échec de l’opération à Casablanca. Jusqu’à aujourd’hui, les dispositifs en matière de contrôle automatisé de la vitesse ont coûté 134,1 millions de DH. Mais d’ici 2009, ces investissements seront renforcés par l’achat de 850 radars fixes pour un montant de 400 millions de DH. Le système des radars fixes limitera l’intervention humaines tout en garantissant le p
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Sourceleconomiste.com
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