Importer des génisses, ce n’est pas tout!
[Economie]
2006-02-20
Short Story· Difficile d’établir un rapport qualité/prix
· Manque d’encadrement adéquat
Comment concilier entre une production de qualité et une bonne commercialisation? En d’autres termes, quel genre de rapport doit prévaloir entre producteurs et industriels du lait. Les premiers réclament, en effet, des révisions régulières des prix pour rentrer dans leurs frais alors que les seconds cherchent la qualité et exigent des producteurs de disposer d’étables modernes et propres.
Des études ont établi que la filière lait souffre du manque d’encadrement adéquat. Les participants à la journée d’études à Settat ont relevé que le niveau organisationnel de la filière reste faible particulièrement chez les producteurs. Ajouté à cela, l’absence d’une institution en charge de l’activité ne permet pas d’en évaluer efficacement les potentialités. C’est comme si l’on naviguait à vue, se plaît à dire un gros éleveur de la région de Settat. Autoriser l’importation de génisses ne va pas pour autant résoudre le problème de la productivité du moment que l’aliment pour bétail continue à être aussi cher et les pâturages aussi rares, indique-t-il. Près de 10.000 génisses ont été effectivement importées en 2004.
Full StoryLeur production est à plus de 70% destinée à l’industrie agroalimentaire qui reste le principal client des 286.000 producteurs. Ces derniers sont réunis dans 112.000 coopératives sans pour autant arriver à faire décoller la filière. Selon des prévisions du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes, le déficit en production laitière pourrait atteindre 21% en 2020. C’est, d’ailleurs, pour cette raison qu’un progamme d’amélioration de la race a été mis en place dans l’objectif d’atteindre 70% du cheptel à la même échéance. Parallèlement, les éleveurs peuvent avoir accès aux nouvelles technologies de procréation. Les pouvoirs publics ont mis à leur disposition des unités d’insémination artificielle dans le but d’assurer un renouvellement et un renforcement du cheptel.
Côté industriel, les unités de transformation n’arrivent pas encore à absorber toute la production. De nombreux éleveurs se retrouvent souvent avec des excédents, surtout en période de haute lactation, qu’ils ont du mal à écouler auprès des particuliers. La mauvaise gestion donc de la production et aussi sa commercialisation sont souvent à l’origine de faillites chez les éleveurs. Lourdement endettés, ces derniers doivent pour la plupart faire face à des échéances qu’ils ne peuvent honorer qu’en cédant leur élevage. Il est vrai que les banques, en l’absence de garanties ou d’hypothèques, sont réticentes à financer des élevages. A moins qu’un producteur de lait en poudre ne cautionne l’éleveur candidat au prêt pour lui permettre d’acquérir quelques têtes. L’éleveur s’engage alors à lui céder exclusivement tout le lait produit jusqu’à ce que la dette soit totalement remboursée. Une pratique que ne peuvent se permettre les propriétairers des petites unités de pasteurisation qui se retrouvent par la force des choses en état de «sevrage»…
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Sourceleconomiste.com
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