Comment le parti de l’Istiqlal prépare 2007
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2006-02-23
Short StoryLe Parti de l’Istiqlal (PI) compte parmi les fondateurs du mouvement national marocain. Il a été créé en 1943 par Allal El Fassi. Le PI est dirigé depuis son 13ème congrès, tenu en 1997, par Abbas El Fassi, qui a succédé à Mhammed Boucetta. Depuis le 13ème congrès, les Istiqlaliens ont décidé que les Secrétaires Généraux ne devraient pas aller au-delà de deux mandats. En principe, donc, lors du prochain congrès, Abbas El Fassi ne devrait pas assumer un troisième mandat. Mais qui sait ? Un autre scénario est possible. Le congrès n’aura lieu qu’après les élections. Si, d’ici là, Abbas El Fassi conduit son parti à la réussite, s’il obtient une majorité claire aux prochaines consultations et que le Roi le charge de former le gouvernement, tout changerait. Le parti n’aurait plus qu’à amender ses statuts ! Simple scénario, donc, mais en attendant, le numéro 1 de l’Istiqlal prépare bel et bien 2007. Il tient les rênes du parti, il a bon pied au gouvernement et il noue l’alliance qu’il juge la plus stratégique... Avec l’USFP ! Les élections partielles tenues, il y a quelques mois, dans les circonscriptions El Jadida-Azemmour et Ben Msik-Médiouna à Casablanca ont hissé l’Istiqlal au premier rang des partis représentés à la Chambre des Représentants avec 57députés. Le Parti dispose aussi de 40 élus à la Chambre des Conseillers (2ème rang). Pour voir de plus près ce que font les partis en perspective des échéances de 2007, le Reporter a initié un cycle de grandes rencontres avec les dirigeants de ces partis. L’entretien que nous accorde cette semaine le leader de l’Istiqlal entre dans ce cadre-là. Et, fort heureusement, à ce rendez vous à six (trois côté Istiqlal, trois côté Reporter) la langue de bois ne s’est pas longuement invitée. A lire absolument.
Full StoryQue fait le parti de l’Istiqlal pour se préparer aux élections de 2007 ?

NOUS préparons les élections depuis mars 2003. Les élections se préparent tout le temps. Un parti politique ne travaille pas uniquement à l’occasion de telle ou telle échéance. Depuis 2003, je visite toutes les provinces. Nous avons un programme. Par exemple, le week end prochain, nous serons à Fès, le 11 février à Marrakech, le 19 à Tanger-Tetouan. Il y a un mois, nous étions à Dakhla, Khouribga, El Broje, Berrechid... Nous travaillons tout le temps et notre objectif, c’est un travail de proximité. Au gouvernement, nous apportons un soutien critique : nous disons oui mais... Depuis le gouvernement Youssoufi à aujourd’hui, il y a un soutien de l’Istiqlal, mais pas inconditionnel. Parce qu’il faut dire la vérité aux Marocains. D’ailleurs, M. Meziane Belfkih, lorsqu’il a présenté son rapport, il a dit voilà ce qui est positif et voilà ce qui est négatif.

Vous avez annoncé un partenariat avec l’USFP. Quelle est la nature de ce partenariat ? Les mauvaises langues disent que c’est toujours à la veille des élections que ces alliances se font et se défont ?

Moi, je déplore un peu ce débat qui dure depuis un an et qui va continuer, je pense. On fait et on refait les alliances chaque jour. D’abord, il n’y a pas d’alliance pour les candidatures, parce qu’on ne connaît pas le mode de scrutin. Pour le scrutin uninominal, les alliances sont possibles, on choisit un candidat commun. C’est ce qu’on a fait avec l’USFP en 1993. On a partagé les circonscriptions, 50% pour l’USFP et 50% pour l’Istiqlal. Si on adopte finalement le scrutin de liste, ce sera très difficile de choisir parce que tout le monde voudra être tête de liste. En principe, les têtes de listes passent à 90%. Donc l’alliance, ce serait surtout pour un programme. Nous disons, si nous avons la majorité voilà ce que nous annonçons à l’électorat. C’est cette alliance que j’avais proposée personnellement à monsieur Youssoufi. Les électeurs se posent la question : qui va décider de notre sort ? Qui sera dans le gouvernement ? Ils veulent des garanties sur l’avenir du pays. Si l’alliance est déclarée avant les élections, les choses sont claires. Et puis, on encourage le taux de participation. Notre alliance avec l’USFP, donc, ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte à 1963. Il y avait eu la scission en 1959 de l’UNFP. En décembre 1962, nous quittions le gouvernement et nous nous retrouvions avec l’UNFP dans l’opposition. Nous avions déposé des propositions de loi (marocanisation de la justice, interdiction de la presse MASS..) que l’UNFP avait votées et l’UNFP avait déposé une motion de censure que nous avions votée. En 1970, il y a eu la Koutla nationale entre l’UNFP représentée par feu Abdallah Ibrahim, feu Abderrahim Bouabid et Mohamed Lahbabi et l’Istiqlal représenté par feu Allal El Fassi, Aboubker Kadiri, Mhammed Boucetta et Mhammed Douiri. La Koutla avait eu des audiences très longues avec feu SM Hasan II pour préparer l’alternance - à l’époque !- qui n’a pas réussi... Les contacts ensuite, en 1977, n’avaient pas abouti parce que nous avions participé au gouvernement. Mr Boucetta avait demandé à Mr Bouabid d’y participer aussi. Il avait répondu qu’il ne pouvait pas parce qu’il n’avait pas l’accord de la base. Mais lorsque nous avions quitté le gouvernement en 1985 nous nous étions à nouveau retrouvé dans l’opposition avec l’USFP. Il y a eu coordination au parlement en 1991 et le couronnement avec la rédaction d’un mémorandum signé par feu Abderrahim Bouabid et Mhamed Boucetta et adressé à feu SM Hasan II. Enfin, il y a eu la Koutla démocratique. Vous voyez bien que la coopération n’a rien de nouveau et depuis 1991, nous continuons.

Lors des dernières élections, vous aviez une alliance avec le PJD...

... Ca, c’est une invention de la presse ! Il n’y avait ni alliance ni rien... Voilà ce qui s’est passé exactement. On avait annoncé les résultats des élections législatives. Le ministère de l’Intérieur nous avait accordé 48 sièges et 50 à l’USFP. Nous avions dit que, pour la première fois, les résultats des élections étaient proches de la réalité et que c’était un peu le champ réel politique. Mais cinq députés de l’Istiqlal étaient partis de chez nous la veille de la clôture des candidatures par ce qu’ils n’avaient pas obtenu la tête de liste. Nous avions en effet décidé, au comité exécutif, que ce serait les députés sortant qui auraient la priorité pour les têtes de listes. Certains n’avaient pas accepté cette règle, dont les cinq. Ils sont allés chez le PJD. Ils ont réussi et ils ont écrit à la direction de l’Istiqlal pour dire qu’ils voulaient revenir au bercail. Le ministère de l’intérieur était au courant parce que j’ai écrit personnellement au ministre de l’intérieur pour lui dire que nous étions 53 (48 + 5). Je ne l’ai jamais dit de cette façon à la presse, mais aujourd’hui, je le dis au Reporter. Je vous donne le scoop. J’ai écrit au ministre de l’intérieur pour lui dire que no
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visualisée 126 fois , ajoutée le 2006-02-23 par Admin