Qu’est venu faire Donald Rumsfeld au Maroc ?
2006-02-23
Short StoryD’abord, il y a eu la visite au Maroc du Directeur du FBI, Robert Mueller. Puis, celle du Secrétaire d’Etat américain à la défense, Ronald Rumsfeld. Et pour finir, l’arrivée du ministre britannique des Affaires Etrangères, Jack Straw. Que cache ce ballet diplomatique ?
Full StorySELON les déclarations officielles, ces visites quasi-concomitantes des trois hommes n’ont rien d’extraordinaire. Outre le fait qu’elles s’inscrivent dans le cadre de tournées régionales, elles ne traduisent pas plus que la volonté des Etats-Unis et de la Grande Bretagne de se concerter et d’œuvrer avec le Maroc dans les domaines de sécurité internationale et de lutte anti-terroriste.
Or, la question est justement là : jusqu’où ira cette coopération ?
C’est en particulier la visite de Donald Rumsfeld qui a cristallisé toutes sortes d’inquiétudes. Le chef du Pentagone n’a pas l’habitude de courir la planète. Ses rares déplacements ont été réservés à l’Irak, depuis son occupation. Certes, il y a la version officielle. Rumsfeld était en Sicile pour les réunions de l’OTAN qui s’y sont tenues cette semaine (le Maroc, membre du programme « dialogue méditerranéen » de l’OTAN au même titre que la Tunisie, l’Algérie, la Mauritanie, l’Egypte, la Jordanie et Israël, y a participé). Après la Sicile... Vu qu’il était à ses portes, il s’est rendu dans la région maghrébine (Tunisie, Algérie, Maroc) !
L’explication est cependant un peu courte. Du moins pour les observateurs qui ne quittent plus Rumsfeld et son administration des yeux depuis que des informations émanant de divers services secrets d’Europe et d’Asie du Sud-Est - voire de l’armée américaine elle-même - ont révélé que l’administration Bush était en train de mettre la dernière main à une attaque militaire contre l’Iran.
Propagande ou réalité ?
Certains avis n’excluent pas que les Etats-Unis aient, au départ, sciemment organisé la fuite de certaines informations allant dans ce sens pour faire pression sur l’Iran lorsque les Européens tentaient de négocier avec Téhéran pour l’arrêt du programme nucléaire iranien. Méthode qui, si elle était vraie, a dû vite montrer ses limites avec un Ahmadinejab ruant dans les brancards.
Mais les informations étayant la thèse d’une éventuelle attaque des sites nucléaires et militaires de l’Iran se sont faites, au fur et à mesure, plus insistantes et plus précises. Au point que Téhéran y a réagi, la semaine dernière, promettant à son tour, si l’Iran était attaqué, « une riposte destructrice ».
Quelles sont ces informations ? Elles ont quasiment toutes été rapportées par des journalistes américains.
Selon eux, le fort Rucker (Alabama) où se trouve le centre national d’entraînement aérien de l’armée américaine aurait reçu l’ordre du Pentagone de se tenir prêt à entraîner environ 50.000 à 60.000 recrues. Or, l’attaque qui se prépare, précisent-ils, serait principalement aérienne.
Nos confrères américains rapportent également avoir constaté un regain d’activité au centre de combat air-sol des marines, situé à Twentynine Palms, en Californie.
D’après ces mêmes sources, l’OTAN aurait été informé des futures frappes contre l’Iran.
Les responsables politiques et militaires américains auraient, par ailleurs, demandé au Bahrain, à l’Arabie Saoudite, au Pakistan, à la Jordanie, à Oman et à l’Azerbaijan d’apporter leur soutien aux États-Unis en cas d’attaque de l’Iran.
De son côté, la Turquie à qui le président russe Vladimir Poutine aurait demandé en novembre dernier de ne pas autoriser les États-Unis à utiliser ses bases en cas d’attaque militaire de l’Iran, a reçu une série de visites de grosses pointures de l’administration Bush, dont le directeur de la CIA Porter Goss, celui du FBI Robert Mueller, et la Secrétaire d’État Condoleezza Rice, venus lui demander, au contraire, de participer au niveau de la logistique et du renseignement.
Mueller, rapporte la presse, aurait fourni à Ankara la « preuve » du soutien iranien au PKK (Parti kurde des travailleurs) et à la guérilla en Turquie. Mais les turcs qui écoutent plutôt Poutine, de toutes les façons, n’en ont pas cru un mot.
Un célèbre journaliste américain, Seymour Hersh, avait également ajouté son petit grain de sel en dévoilant dans un article du magazine New Yorker qu’il tenait, d’agents haut placés des services secrets, une information selon laquelle des unités spéciales américaines étaient depuis plusieurs mois en Iran pour repérer des cibles d’attaques et étudier l’éventualité d’une invasion du pays. Le président Bush, à qui il a été demandé de réagir à cet article, n’a tout simplement pas, ont relevé nos confrères, exclu une option militaire contre l’Iran.
En plus des journalistes, plusieurs services secrets européens ont contribué à renforcer cette thèse d’attaque américaine en préparation...
Ainsi, rapportent les media, des sources appartenant au renseignement polonais, en désaccord avec le gouvernement de droite de leur pays, ont laissé filtrer l’information selon laquelle Radek Sikorski, ministre polonais de la Défense, aurait assuré son homologue américain Donald Rumsfeld du soutien de la Pologne en cas de frappes sur l’Iran.
Selon d’autres services secrets européens, la dernière décision de Poutine (via la société nationalisée du gaz naturel russe, Gazprom) de
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