43 milliards de DH pour l’assainissement et l’épuration des eaux
[Economie]
2006-02-23
Short Story· Un programme national porte sur la période 2006-2020
· 260 stations d’épuration en 15 ans
· Le non-traitement des eaux usées coûte 4,3 milliards de DH par an
Full StoryAmbitieux, le programme national d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées démarre dans trois villes (Fès, Safi et Béni mellal) avant de s’étendre sur l’ensemble du territoire. Il s’agit de poser 2.300 kilomètres supplémentaires de réseau d’assainissement et construire 260 stations d’épuration durant la période 2006-2020. Le programme concerne une population de plus de 10 millions d’habitants. Les villes dont le service d’assainissement est géré par des concessionnaires privés ne sont pas concernées par le programme. Le budget prévu pour financer ce programme s’élève à 43 milliards de DH sur 15 ans. Cependant, le montage financier n’est pas définitivement arrêté. Les pouvoirs publics doivent trancher entre deux scénarios. Le premier concerne une participation du budget de l’Etat à hauteur de 800 millions de DH par an dès 2006. Ce qui représente 29% du programme. Le deuxième porte cette contribution de l’Etat à 1,05 milliard de DH, soit 38% du programme. Dans ce cas, des institutions comme le Fonds spécial pour l’Habitat et le Fonds Hassan II pour le développement économique et social seront mises à contribution. Le reste du financement sera couvert par les usagers. Selon un rapport de l’Aménagement du Territoire, les tarifs d’assainissement passeront de 2 DH le mètre cube en 2005 à 3,5 DH en 2020. Selon le scénario adopté, cette participation représentera 62 ou 71% du programme. Les financements mobilisés seront versés dans un fonds réservé à l’assainissement. Il sera géré conjointement par le ministère de l’Intérieur et celui de l’Aménagement du territoire.
A travers ce grand chantier, l’Etat veut rattraper le retard enregistré dans le domaine de l’assainissement et de l’épuration des eaux usées. Aujourd’hui, 5% seulement de ces eaux sont traités par le biais de 80 stations d’épuration dont moins de la moitié sont opérationnelles. Pour l’année 2006, une convention de financement d’une station de traitement des eaux usées à Fès par l’Agence française de développement (AFD) et la Banque européenne d’investissement (BEI) sera signée le 28 février. Deux autres conventions pour les villes de Béni Mellal et de Safi sont dans le pipe.
Le programme prévoit aussi la réduction de la pollution causée par les eaux usées de 60% au moins et d’atteindre un taux de raccordement global au réseau d’assainissement de 80% en milieu urbain au lieu de 70% actuellement. Aujourd’hui, 4,5 millions d’habitants en milieu urbain utilisent les fosses septiques, puisque le linéaire total du réseau d’assainissement est de seulement 11.000 km, soit un ratio de 1,14 mètre linéaire par habitant raccordé.
Le ministère de l’Aménagement du territoire, chef de file du programme, part du principe que le déficit en matière d’assainissement et de traitement des eaux usées se répercute négativement sur l’économie et l’investissement en général. A titre d’exemple, l’AFD s’était désistée du financement d’un projet d’aménagement hydroagricole dans le moyen Sebou, situé à l’aval de la ville de Fès. Doté de 40 millions d’euros, ce chantier a été bloqué, suite à une enquête réalisée en 2004 par l’Agence. Ses résultats ont montré une dégradation avancée de la qualité des eaux qui devaient servir à l’irrigation. L’AFD a conditionné la reprise du projet par la dépollution de l’eau du moyen Sebou. C’est un exemple, parmi d’autres, montrant l’impact de la pollution des eaux sur l’économie d’une région. En effet, une étude de la Banque mondiale, effectuée en 2003, a montré que l’absence d’assainissement des eaux usées coûte annuellement à l’Etat environ 4,3 milliards de DH. Aujourd’hui, la contamination de la plupart des oueds menace aussi des secteurs comme le tourisme ou la santé et représente un frein à l’investissement dans le domaine agricole, grand pourvoyeur d’emplois. L’enquête de l’AFD avait, à ce titre, montré qu’à proximité de l’oued Sebou à l’aval de Fès, le taux de prévalence des gastro-entérites est de 98% contre seulement 5% dans les régions éloignées. Par ailleurs, certains produits agricoles irrigués par les eaux usées sont de mauvaise qualité et présentent un danger pour la santé des consommateurs. En effet, la réutilisation des eaux usées brutes à des fins agricoles concerne une superficie de plus de 7.000 hectares.
Outre la mise à niveau des infrastructures d’assainissement et d’épuration, le programme compte drainer à terme des recettes de l’ordre de 380 millions de DH par an. Il permettra en outre la promotion d’activités économiques liées aux secteurs de l’ingénierie et les BTP, est-il souligné.
M. Bk
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Sourceleconomiste.com
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visualisée 186 fois , ajoutée le 2006-02-23 par Admin