Marché du poulet Gros manque à gagner pour des producteurs
[Economie]
2006-02-23
Short Story· Le poussin d’un jour à 50 centimes
· Des élevages non renouvelés
Nickel. C’est le moins que l’on puisse dire des unités d’élevage industriel du poulet opérant dans la région de Settat. Rien n’a été laissé au hasard pour parer à tout risque de grippe aviaire. Cependant, la psychose qui s’est installée chez les consommateurs menace ces unités.
«Nous n’arrivons plus à écouler notre production de poussins d’un jour», affirme Haj Kadiri, un des producteurs. Il y a moins d’un mois, quelque 120.000 poussins sortaient chaque semaine des couvoirs de son unité. La production est tombée dernièrement à 40.000, faute d’acheteurs. Pis encore: le poussin d’un jour était vendu aux éleveurs à un prix de gros oscillant entre 2,80 DH et 3,50 DH, selon la demande. Il ne coûte aujourd’hui que 30 à 50 centimes dans le meilleur des cas et quand il trouve acquéreur. L’éleveur a, d’ailleurs, «arrêté son activité de production de poussins et s’est rabattu sur la commercialisation des œufs frais, à 40 centimes l’unité au lieu de 65 normalement, en attendant des jours meilleurs», confie, avec beaucoup d’amertume, Haj Kadiri, qui se gardera de livrer l’étendue de ses pertes. L’unité a coûté 10 millions de DH avec du matériel sophistiqué. «C’est ce qui se fait de mieux dans l’industrie avicole. Des couvoirs dernier cri, des consignes sanitaires strictes et aux standards internationaux. Rien n’a été laissé au hasard et cela bien avant que l’on ne parle de grippe aviaire», ajoute Kadiri.
Full StoryEn effet, du portail d’accès jusqu’aux locaux où sont installés les couvoirs en passant par la cour intérieure de l’unité, le travailleur (ou le visiteur) est obligé de se conformer à toutes les étapes de protection sanitaire. Cela commence donc dès l’entrée de l’unité. Tous les véhicules doivent obligatoirement passer par une sorte de bassin spécialement aménagé et rempli d’eau mélangée au formol. Pour accéder aux couvoirs, il faut d’abord passer sous la douche, enfiler ensuite une combinaison et des couvre-chaussures en plus d’un masque et de gants en plastique. Tous ces éléments sont utilisés une seule fois et sont détruits après. Pour les ouvriers en contact direct avec les poussins, combinaison, masque et autres outils sont plus sophistiqués. «Il faut se protéger contre tous les risques, les ouvriers étant les premiers exposés», indique le vétérinaire de l’exploitation.
Le processus de protection se durcit dans une autre unité distante de 10 km de la première. Celle-là est consacrée à l’élevage intensif de poulet de chair. C’est-à-dire celui qui sera commercialisé dans les souks et les marchés. Des conditions draconiennes d’hygiène sont imposées à tous les niveaux. La grande salle d’élevage est maintenue à la température adéquate. Elle est également totalement protégée par un grillage empêchant l’intrusion d’oiseaux, rats, chats…
Une autre unité accueille, quant à elle, les poules pondeuses. Elles sont généralement importées de France ou d’Espagne. La ferme en question n’en possède plus. L’élevage n’a pas été remplacé, les prix ayant dégringolé…
Jamal Eddine HERRADI
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Sourceleconomiste.com
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