Les positions des deux partenaires
[Economie]
2006-02-23
Short Story«Un moment déterminant pour l’avenir de l’agriculture marocaine»


Abderrazak Mouisset, président de l’Apefel (Association des producteurs des fruits et légumes)
· «Nous voulons plus d’accès sur le marché européen pour nos produits»
· Le Maroc de plus en plus «une origine fiable pour l’UE»
Full StoryPour le président de l’Association des producteurs des fruits et légumes, que les négociateurs consultent attentivement, le Maroc est à un tournant décisif concernant les négociations avec l’Union européenne. Si «l’Europe est ambitieuse dans sa vision de libre-échange», et bien c’est au Maroc «de répondre par une demande ambitieuse d’ouverture des marchés européens».
L’enjeu est de taille pour le Royaume, tant pour mettre à niveau un secteur encore arriéré, innnover et diversifier, que pour booster encore plus les exportations de ses produits-phares (surtout les fruits et légumes). Abderrazak Mouisset défend l’idée de consolider le secteur des fruits et légumes, une «locomotive» qui pourra créer plus d’emplois et plus de valeur ajoutée.
 
- L’Economiste: Que signifie pour vous le changement d’approche des négociations? Est-ce l’aveu de l’échec de la démarche de la liste positive?
- Abderrazak Mouisset, président de l’Association des producteurs de fruits et légumes -Apefel-: Le changement d’approche n’est pas lié à l’échec des négociations antérieures. Il signifie plutôt que l’Europe est ambitieuse dans sa vision du libre-échange avec le Maroc. A nous de répondre par une demande ambitieuse d’ouverture des marchés européens. N’oublions pas que cette approche continue la politique d’ouverture de l’agriculture en prolongeant les accords de libre-échange conclus. Mais il faut que tout le monde joue le jeu.
L’ouverture se fait à deux et doit donc se traduire par plus d’accès pour nos produits.
 
- Comment ont évolué les exportations en fruits et légumes depuis l’accord d’association?
- Depuis 2001, les exportations de tomates sont passées de 158 000 t à 225 000 t en quotas. Et les exportations de fruits et légumes ont crû beaucoup plus vite. C’est le cas des haricots verts, des fraises, du maïs doux, des concombres, des courgettes, etc.
Le Maroc se positionne de plus en plus comme une origine importante et fiable pour l’approvisionnement de l’Europe. C’est un atout à préserver et à développer dans cette négociation.
 
- Que défendez-vous et qu’attendez-vous avec cette nouvelle approche?
- Nous voulons que les marchés européens soient plus ouverts aux fruits et légumes du Maroc, ce secteur est et restera la locomotive de l’agriculture dans un monde plus ouvert. Nous pouvons faire beaucoup plus et contribuer ainsi à la mise à niveau du secteur en créant plus d’emplois et de valeurs.
Avec l’Union européenne, il s’agit des dernières négociations agricoles. C’est donc un moment déterminant pour l’avenir de l’agriculture marocaine. Il faut en profiter pour moderniser le secteur agricole et faire les réformes nécessaires pour cela.
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UE: «Nous attendons une libéralisation quasi complète»


Rosamaria Gili, conseillère à la délégation
de la Commission européenne au Maroc
· L’UE admet une libéralisation progressive, graduelle et asymétrique «à l’avantage du Maroc”
L’Union européenne veut une libéralisation quasi complète du secteur agricole à l’exception d’une liste négative qu’elle espère «limitée».
Le Maroc bénéficiera, selon Rosamaria Gili, conseillère économique et politique de la délégation de la Commission européenne au Maroc, d’une libéralisation «progressive», «graduelle» et «asymétrique» à l’avantage du Maroc. L’UE est consciente des défis agricoles du Maroc et promet des mesures d’accompagnement. Mais d’un autre côté, cette nouvelle approche implique aussi des concessions tarifaires pour les produits européens à destination du Royaume, ce qui est complètement nouveau… Chaud!
- L’Economiste: Que signifie pour vous le changement d’approche des négociations? Est-ce l’aveu de l’échec de la démarche de la liste positive?
- Rosamaria Gili: Pas du tout. Ce n’est pas du tout l’aveu d’un échec de la démarche précédente ciblée sur le flux du commerce traditionnel. C’est un changement de contexte. Nous désirons faire un pas en avant et redynamiser le partenariat. Plus de rapprochement et plus de libéralisation doivent résulter concrètement d’une amélioration des relations. C’est la raison pour laquelle nous passons d’une approche positive (le commerce traditionnel) à une approche négative (on libéralise tout sauf une petite liste de produits). Cela ouvrira de nouvelles opportunités de commerce.
- Comment ont évolué les exportations agro-industrielles de l’UE vers le Maroc depuis l’accord d’association?
- Nous pouvons dire qu’en général, il y a une hausse des exportations européennes vers le Maroc. Même si elle n’est pas énorme, l’augmentation de la demande des produits agricoles transformés européens sur le marché marocain depuis 1999 est assez régulière. Cela dépend plus probablement d’un changement de la demande marocaine que de l’effet de l’accord d’association, qui ne prévoit pas jusque-là de concessions tarifaires sur les produits européens. Mais les exportations marocaines aussi ont crû après une période de stagnation, cela grâce à une stra
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Sourceleconomiste.com
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