La Berlinale est d’abord un grand
2006-02-20
Short StoryLa Berlinale est d’abord un grand événement par l’ampleur de ses dimensions. Les chiffres sont éloquents en eux-mêmes : plus de 18.000 accréditations ont été accordées pour des professionnels du cinéma venus du monde entier ; c’est aussi une grande couverture médiatique avec plus de 3.800 journalistes présents ; on peut en effet y rencontrer la plupart des critiques et grands journalistes de cinéma ; du secrétaire général de la Fipresci au directeur des Cahiers du cinéma ainsi que la presse américaine et anglo-saxonne spécialisée; Variety édite un numéro quotidien ainsi que Screen et The Hollywood reporter, le grand palais d’exposition qui accueille le nouveau marché du film EFM a abrité plus de 240 firmes et 350 producteurs venant de 45 pays ; il faut au moins une journée entière pour visiter ses nombreux stands ! on y rencontre tout ce que le cinéma compte comme directeur de Festivals et responsables de manifestations cinématographiques. Des milliers de documents et du matériel de promotion y sont disponibles.
Full StoryMais la Berlinale, c’est aussi des films à voir; plus de 4000 films ont été soumis à la sélection pour les différentes sections que compte le Festival. Il y a outre la compétition officielle pour l’Ours d’or, la rétrospective du cinéma allemand, le festival du film des jeunes, le court métrage et surtout le Forum et le Panorama. Deux sections qui expriment l’engagement du Festival de Berlin pour accueillir le cinéma du monde dans sa diversité. Engagement soutenu par l’actuel directeur général, Dieter Kossick : “Nous nous engageons ainsi pour la diversité cinématographique et pour un cinéma de la différence. Nous espérons que le 56ème Festival international du film de Berlin montrera à quel point le cinéma peut être rafraichissant, détendant, chaleureux, triste et beau à la fois. Nous avons rencontré par exemple le fondateur historique de la section Forum, un historien et un grand cinéphile qui nous a expliqué comment cette section est née dans les années 70 dans le sillage d’une culture qui refusait le monolithisme et l’ouverture sur le cinéma du Sud. C’est ainsi qu’il nous a informés que le Forum dispose d’une copie du film marocain Wechma, achetée à l’époque et sous-titrée en allemand. Il a été très heureux de recevoir une copie du catalogue de la Filmographie marocaine générale édité par Le CCM et où figure en bonne place le film Wechma.
La section Panorama accueille également d’une année à l’autre des films marocains. Cette année, c’est le tout premier long métrage des frères Noury, Souheil et Imad, Les Portes du paradis, qui a été sélectionné dans cette rubrique où la compétition est arbitrée par le vote des spectateurs. Les deux jeunes réalisateurs ont été invités également avec leur père Hakim, présent à Berlin comme acteur du film, à parler de leur expérience dans le cadre de la Berlinale Talent campus, une section inédite qui accueille de jeunes talents des quatre coins de la planète (nous y reviendrons en détail dans un prochain article).
Les Portes du paradis a fait sensation. Et ses deux jeunes réalisateurs ont séduit par leur comportement, leur look et le discours produit sur leur film et leur jeune expérience. Le film n’a pas remporté le Prix mais il a eu un grand succès public. Ses deux projections se sont pratiquement déroulées à guichet fermé. Le film est écrit par Souheil, l’aîné du duo (il a 28 ans et son frère Imad en a 23). De par son écriture et sa mise en scène, Les Portes du paradis sort des sentiers battus. Nous sommes en présence de choix inscrits radicalement dans la modernité cinématographique par le refus d’une linéarité de la narration, par l’ancrage dans un univers résolument jeune et ouvert sur les questionnements qui nourrissent l’horizon de jeunes casablancais d’aujourAutres chroniques :
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Vient de paraître’hui. Mais le film n’a pas d’autre prétention que d’offrir un exercice cinématographique sans regarder sur le coût ; la durée par exemple fait plus de 130 minutes (fait rare dans notre cinématographie.
L’histoire est en fait trois récits menés parallèlement avec des indices qui assurent une certaine filiation entre les trois épisodes. On peut dire que le film se réclame de la tendance américaine du point de vue du genre puisque c’est un thriller où nous assistons à des règlements de compte et à des coups montés mais le film revendique aussi une filiation asiatique du point de vue de la narration avec les récits imbriqués les uns dans les autres scandés en quelque sorte par une figure récurrente, celle de la mère. C’est un three times avec variation autour de la mère. Ou encore peut-on proposer comme sous-titre au film, puisque les deux réalisateurs sont hispaniques de par leur formation, Tout sur la mère en paraphrasant Almodovar. Cette élasticité sémantique est le fruit d’une écriture ouverte sur de nombreux possibles de lecture.
Mais le film reste un bon spectacle grâce au travail de l’image, à son montage original, l’interprétation de ses comédiens (mixage réussi entre différentes générations d’acteurs) et à une bande son très soignée.
Mohammed Bakrim - Berlin
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Sourceliberation.press.ma
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visualisée 58 fois , ajoutée le 2006-02-20 par Admin