L’inflation du prix du “Qarqobi”
[General]
2006-02-20
Short StoryLa drogue des pauvres fait fureur



Les multiples descentes
de police, la marchandise saisie et les arrestations des dealers en croissance, ont pour conséquence l’augmentation des prix de la drogue et le rabattement des consommateurs sur la drogue des pauvres. Car il faut bien le dire, même en drogue, il existe des écarts entre les différentes classes sociales.
Full StoryVendue à 5 dh au début de son apparition sur le marché de la drogue, puis à 10 et à 15 dh en vertu de son succès dans ce milieu, la pilule du psychotrope a atteint aujourd’hui 45 dh. Aussi pour les utilisateurs de psychotropes aux ressources bien limitées, se procurer ce stupéfiant est devenu presque impossible. Pour cause : la police ne ménage pas ses efforts pour combattre ce fléau social. Aussi, les drogués pauvres qui avaient déjà du mal à suivre l’augmentation incessante du prix du qarqoubi, préfèrent-ils revenir à l’utilisation d’autres moyens pour leur “voyage”.
La colle à séchage rapide, vendue à 7 dh le pot, le solvant comme les diluants de peinture à 5 dh ou les dissolvants à ongles cédés à 6 dh, le cirage à 7 dh, les liquides servant au nettoyage ou l’essence à briquet 5 dh, reviennent donc à la mode. Ils ne sont pas interdits et coûtent beaucoup moins cher que le qarqoubi ou la “bola hamra”. Les drogués versent ou vaporisent ces produits dans un sac ou sur un linge pour les inhaler.
Certes, les seules statistiques qui existent, concernant le nombre des drogués ou des usagers de psychotropes au Maroc, sont celles de la quantité de la drogue saisie par la police lors des descentes. Toutefois, il y a une augmentation notoire des personnes qui s’adonnent aux psychotropes. En effet, “Le qarqoubi et le cannabis dominent la scène de la drogue au Maroc. Il ne faut pas oublier que le Maroc est le plus grand producteur de cannabis. C’est une drogue néfaste surtout pour les personnes fragiles. Il y a aussi les médicaments qui sont détournés de leur objectif médicinal comme les traitements administrés pour soigner l’épilepsie. En effet, la prise d’une grande quantité comme le brusque sevrage, peuvent entraîner d’intenses crises qui, bien souvent, aboutissent à la mort. Il y a aussi les médicaments contre la maladie de Parkinson et les anxiolytiques. Ces médicaments, volés de la pharmacie ou livrés sous fausses ordonnances, circulent dans le milieu des drogués. Il y a aussi les hallucinogènes, l’amphétamine, ces produits viennent de l’étranger. Nous n’avons pas encore trouvé de laboratoire de fabrication sur notre territoire et pourtant la fabrication n’est pas très compliquée. Le comprimé est cédé à 10 ou 15 dh, l’unité de mesure étant la “samta”, en référence au conditionnement des médicaments. Les ecstasys, eux, viennent en vrac et sont souvent vendus parallèlement au circuit de la cocaïne”, précise le psychiatre Driss Moussaoui.
Pour ceux qui furent séduits par les psychotropes, cette inflation risque d’avoir de fâcheuses conséquences. En effet, la plupart des drogués sont des chômeurs invétérés, des enfants de la rue qui ne trouvent l’argent pour se procurer leur dose quotidienne qu’en volant leur propre entourage familial ou amical ou en agressant les passants. Le manque peut les pousser à mettre en danger la vie des personnes qui les entourent. Les hallucinations et l’impression d’être en danger font du toxicomane un individu non maîtrisable et dangereux pour sa vie comme pour celles des autres. Certains vont jusqu’à tuer pour quelques dirhams pouvant se procurer la pilule de l’évasion. “Il y a surtout des adolescents et des jeunes adultes qui s’adonnent à la drogue. Ils sont les plus touchés par ce fléau. Malheureusement, ce fléau touche tous les milieux sociaux. La drogue circule aussi bien chez les riches que chez les pauvres. Bien entendu, ils n’utilisent pas les mêmes produits pour se droguer, mais les conséquences sont les mêmes”, indique à juste titre, le spécialiste. Les faits divers ne manquent pas et illustrent parfaitement cette triste réalité. “L’effet psychotrope entraîne une modification des sensations, de l’humeur, de la conscience ou d’autres fonctions psychologiques et comportementales. Il faut savoir que les troubles mentaux poussent vers la consommation de la drogue. En effet, les personnes, qui plongent complètement dans ce néant, souffrent d’un trouble mental ou psychologique. Se réfugier dans la drogue aggrave donc leur maladie”, affirme-t-il. Aussi, les utilisateurs de ce type de drogue sont-ils agressifs, voire dangereux. “Il y a quelques semaines, lors de ma visite à la prison de Oukacha, sur les 300 personnes interrogées, trois jeunes se sont levés spontanément pour avouer qu’ils ont tué sous l’effet du qarqoubi”, raconte docteur Moussaoui.
En effet, les substances psychotropes sont des drogues qui peuvent faire l'objet d'un usage médical, et dont un usage abusif, ou un usage récréatif peut conduire à la toxicomanie. “Une même substance chimique, peut être appelée médicament ou drogue selon l'usage qui en est fait”, nous précise dr. Moussaoui. Ces drogues tuent le consommateur et le réduisent à n’être qu’une loque déambulante, l’inhalation de la colle ou autres produits, ont des effets nocifs. Elles plongent l’utilisateur dans un état de béatitude qui détruit toutes ses forces et ses pulsions agressives. “Les amphétamines, la caféine et autres xanthines : Théophylline, Théob
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Sourceliberation.press.ma
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