Short StoryLe discours fait florès ici et là. Sur un ton à fois grave
et solennel, l’interrogation
traverse salons feutrés
et quelques pages de journaux bien ciblés. A quoi les partis politiques servent-ils donc?
En quoi sont-ils nécessaires
à la démocratie? Conduisent-ils réellement les réformes? Autant de questions
au scepticisme clairement
affiché qui continuent
de se poser, alors que
paradoxalement au sommet de l’Etat les discours réhabilitant l’action politique
se multiplient.
Full StoryLe secrétaire général de l’Istiqlal Abbas El Fassi, est un lecteur impénitent de toute la presse Et tous les jours, il est confronté à ce postulat décrété par certaines publications et autres milieux selon lequel c’est désormais le chef de l’Etat qui a l’initiative de la réforme et que les partis se contentent de faire du suivisme. «Nous constatons qu’une certaine presse encourage l’idée selon laquelle les partis ne servent à rien. C’est grave et anti-démocratique. Le financement public annuel des partis est une misère. C’est d’ailleurs volontaire : on a toujours donné une misère aux partis et à la presse. Et s’il y a aujourd’hui à ce niveau une certaine amélioration, nous constatons par contre que les deux télévisions nationales semblent avoir adopté une politique délibérée pour marginaliser les partis. C’est une erreur grave que de marginaliser les partis. C’est vrai qu’il y a une lassitude quand on voit le nombre de partis investissant la scène politique, quand des dissensions au sein de certaines formations sont données à voir, quand des exemples de gestion malsaine sont rapportés. Tout cela fait tache d’huile. Le lecteur ne fait pas de distinction et résume finalement la vie politique exclusivement à cela».
Le patron des Istiqlaliens, toujours prêt à brandir un agenda politique surbooké, assure-t-il, porte la contradiction à ceux qui avancent que «le Roi prend l’initiative et que les partis sont paralysés». «Non, les efforts se conjuguent. J’ai été par exemple très heureux du lancement de l’Initiative nationale pour le développement humain, INDH. Mais il suffit de revenir à ce que nous décidons dans nos congrès et nos conseils nationaux pour retrouver ces mêmes idées, c'est-à-dire la lutte contre la pauvreté, le combat contre l’habitat insalubre, etc. Le rapport sur le développement humain fait des conclusions et évoque les réformes écessaires. Il y a longtemps que les partis ont appelé à de telles réformes, de celle relative à la Constitution aux réformes fiscales ou encore concernant le foncier, pour ne citer que celles-ci», s’exclame celui qui est aussi député de Larache.
Devant un tel verdict prononcé sans autre forme de procès et sur le mode «les partis ne servent à rien», le leader du PPS, Ismaïl Alaoui a bien du mal à cacher son courroux. «Ceux qui véhiculent ce genre de discours veulent se faire amnésiques et oublieux de choses essentielles. Exemple, les idées présentées par le Souverain ont été soulevées par nombre de partis. Je pense à la résorption de la pauvreté, au développement humain, à la réforme de l’administration. Ce sont des morts d’ordre qui appartiennent à la mouvance de gauche, du moins aux partis démocratiques. Et c’est vraiment faire preuve de surdité que de considérer qu’aujourd’hui les partis n’ont plus l’initiative». I. Alaoui n’a de cesse à dénoncer ce qu’il qualifie d’attitude «populiste». «Le populisme a toujours mené à des catastrophes sinon a des impasses», lâche-t-il dans un souffle avant de reconnaître que «face à la mondialisation et l’hégémonie capitalistique, la pratique politique est en retrait d’autant que nous assistons à une action de sape menée par tous ceux qui veulent profiter de cette globalisation».
Faut-il réinventer l’action politique?
Et le rôle des partis politiques dans tout cela? Faut-il en ce siècle nouveau réinventer l’action politique et donner un sens nouveau à l’engagement? «Les gens font l’impasse sur quelque chose de fondamental. Le Maroc est dans une période de transition. C’est une transition qui a trop duré, je le concède. Mais parce que nous sommes en transition, il y a beaucoup de choses dont la mise à niveau n’est pas achevée, y compris en ce qui concerne les partis», répond le secrétaire général du Mouvement populaire, Mohand Laenser. Celui qui se bat pour la viabilité d’un pôle Haraki, appelle de ses vœux, l’émergence de partis forts. «Encore faut-il que le champ se clarifie d’abord. On ne peut pas associer 25 ou 15 partis de la même manière. En fait, nous sommes en train de vivre une transition dans la transition. Nous vivons en effet une transition au sein des partis. Une loi sur les partis vient d’être votée et il me semble que les élections de 2007 constitueront une sorte de déclenchement. A partir de ce moment, il est clair qu’il faudra revenir à des choses plus orthodoxes, c'est-à-dire au principe d’un gouvernement majoritaire et une opposition cohérente, revenir en fait à une clarification des choix des uns et des autres et non pas à ce qu’il y a aujourd’hui, un gouvernement qui associe tout le monde».
Pour évoquer le rôle des politiques, le premier des Istiqlaliens préfère, lui, convoquer l’Histoire, celle fondatrice de l’Etat. «Au Maroc, nous avons une particularité : nous travaillons en symbiose avec le Trône. Les partis, et l’IstiqlAutres chroniques :
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Sourceyahoo
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visualisée 106 fois , ajoutée le 2006-02-20 par Admin