Maroc-France La coopération décentralisée institutionnalisée
[Economie]
2006-02-20
Short Story· Après Skhirate, un 2e forum à Marseille en 2007

· Trois conventions signées samedi dernier

Les relations entre le Maroc et la France marquent un nouveau tournant. Au partenariat intergouvernemental vient s’ajouter la coopération décentralisée, désormais instituée entre les deux pays. Celle-ci passera moins par des aides directes que par un accompagnement de projets et la formation. C’est du moins sur quoi se sont accordés les quelque 600 participants au tout premier Forum sur la coopération décentralisée, tenue les 27 et 28 janvier à Skhirate.
Une manifestation où le geste a joint la parole, comme l’a résumé Brice Hortefeux, ministre française déléguée aux Collectivités territoriales. Trois conventions de partenariat ont en effet été signées. La première a été conclue entre l’association française Touiza Solidarité et l’Association nationale des collectivités locales (ANCL). Elle porte sur le renforcement des capacités des collectivités territoriales, notamment par le biais de la formation que Touiza Solidarité prendra en charge côté français. La deuxième convention a été passée entre la région Fès-Boulemane et la Fondation Sophia-Antipolis. Elle concerne un programme d’accompagnement de la région en matière de politique d’incubation. Celui-ci vise à renforcer les liens entre le monde de la recherche et le monde économique, la promotion de la culture électronique dans des secteurs comme le tourisme et l’artisanat et le développement d’activités de télétravail à forte valeur ajoutée.
Full StoryLa troisième convention porte sur un protocole d’accord entre les villes de Bordeaux et Casablanca autour de la tant attendue réalisation d’un tramway dans la capitale économique. Ce projet a été inscrit en priorité dans le cadre du jumelage entre les deux villes. Une mouture finale des projets de partenariat entre les deux métropoles sera parallèlement élaborée. Son approbation aura lieu en mai prochain, à l’occasion de la foire internationale de Bordeaux (du 20 au 29 mai) dont le Maroc est l’invité d’honneur.
Les recommandations des quatre ateliers du forum vont également dans le sens de l’accompagnement. Ainsi, le premier atelier, portant sur le développement économique et la formation (appui aux entreprises, infrastructures, R&D), a proposé le transfert et le déploiement au Maroc du dispositif «Plato» d’accompagnement des PME-PMI par les grandes entreprises françaises, en partenariat avec les collectivités locales marocaines. Tenu sous le thème «Pour une synergie locale du développement social», le deuxième atelier a préconisé le lancement de la deuxième phase du programme concerté Maroc (PCM) en insistant sur le partenariat entre ONG marocaines et françaises à un niveau décentralisé en direction, notamment, des jeunes. Ce sera chose faite, a annoncé Brigitte Girardin, ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie. Et de confirmer également que le Fonds social de développement sera reconduit.
Le troisième atelier, relatif à la politique d’aménagement du territoire, a recommandé la mise en place de schémas régionaux d’aménagement du territoire. Dans ce même ordre d’idées, les régions de l’Oriental et de Tanger-Tétouan réfléchiront de concert avec Champagne-Ardenne et PACA au développement de parcs naturels à vocation éco-touristique. Concernant le quatrième et dernier atelier, politique de la ville et développement urbain, trois champs de coopération ont émergé. Au plan de déplacement urbain (PDU) entre Oujda et Aix-en-Provence s’ajoutent le projet de gestion du patrimoine entre Taroudante et Romans sur Isère et celui de gestion de l’eau entre Figuig et le Conseil général de Seine-St Denis.
Le Fonds de solidarité prioritaire viendra en appui à toutes ces initiatives. Doté de 2,5 millions d’euros (environ 27,5 millions de DH), le fonds de soutien aux coopérations décentralisées est le nerf de la guerre de ce dispositif.
Ces recommandations, a souligné le ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, Abderrahim Harouchi, s’inscrivent parfaitement dans la nouvelle dynamique enclenchée par l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH).
Mais elles n’en laissent pas moins supposer un essoufflement du partenariat intergouvernemental dont la coopération décentralisée serait une alternative. «Aucunement», a répondu Taïeb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères. «Il s’agit d’un plus apporté à la coopération entre nos deux pays. Un apport supplémentaire qui tient compte tant des contraintes nouvelles que de l’évolution et besoins de notre pays», a-t-il expliqué.
Pour Brigitte Girardin, «la coopération franco-marocaine fonctionne déjà en réseau qu’il s’agisse des collectivités locales, des entreprises, des universités ou encore des associations. Il convient de conforter ces réseaux et de leur donner une meilleure reconnaissance et une plus grande visibilité». Un objectif désormais atteint.
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Passerelles


Des passerelles entre les deux formes de partenariat s’avèrent nécessaires. Elles seront notamment incarnées par le Forum, désormais une institution à part entière, a annoncé Abdelali Doumou, président du Conseil régional de Marrakech-Tensift-Al Haouz et coprésident du comité de pilotage du Forum. Ce dernier se muera d’ailleurs en comité de suivi des recommandations formulées lors de cette rencontre. Et rendez-vous est d’ores et déjà pris début 2007 pour une deuxième édition de ce forum. Ce sera à Marseille, au lieu de Paris, pour le plus grand plaisir de Jean Roatta, maire des 1er et 7e arrondissement de la ville, président du groupe d’amitié France-Maroc de l’Assemblée nationale et cheville ouvrière côté français de ce forum.
Tarik QATTAB
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Sourceleconomiste.com
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visualisée 95 fois , ajoutée le 2006-02-20 par Admin